Efectis France réalise des essais feu de façade à échelle intermédiaire

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Efectis France réalise des essais feu de façade à échelle intermédiaire

Après la catastrophe de la Grenfell Tower, le comportement au feu des façades a été un sujet qui a suscité beaucoup d’intérêt. Néanmoins, la compréhension de tels essais feu de façade est très compliquée, car il s’agit d’un système constructif combinant de nombreux produits (isolants, revêtements, dispositifs de recoupement des lames d’air) et divers paramètres système (montage et fixation, singularités comme les cadres de baies). Ceci ne peut être évalué correctement que par le biais d’essais feu de systèmes complexes à une échelle suffisante.

Efectis a été contacté en automne dernier par Kingspan, un des leaders sur le marché des produits isolants, afin de réaliser une série d’essais de façades selon la norme ISO 13785-1 avec ajout des taux de dégagement de chaleur et des mesures de gaz toxiques. La méthode d’essai est à échelle 1/3 par rapport à la norme BS 8414-1. Le taux de dégagement de chaleur et l’analyse des gaz toxiques ont apporté une importante plus-value à la méthode d’essai.

Les essais ont ainsi couvert diverses combinaisons d’isolants et de revêtements en Matériaux Composite Aluminium (ACM). 9 essais ont été réalisés, combinant 3 qualités d’ACM et 3 isolants (mousse Kingspan Kooltherm K15, mousse polyisocyanurate et laine minérale). Le montage et la fixation ont été très proches des essais britanniques BS 8414-1 réalisés par BRE, avec des lames d’air de 50 mm. A la différence des essais de BRE, ceux sur du PE ACM n’ont pas été éteints, donnant ainsi des résultats sur la croissance de l’incendie, sur l’intensité de l’incendie ainsi que sur les niveaux de décroissance de l’incendie.

Les essais avec les 2 meilleures qualités d’ACM (ACM-A2, supposé être de combustion limitée et ACM-FR, supposé être traité contre l’incendie) ont présenté des résultats similaires en ce qui concerne la propagation de l’incendie et le dégagement de chaleur, quel que soit l’isolant utilisé. L’analyse des gaz toxiques a souligné le CO et le CO2 comme étant les gaz émis lors de la combustion du revêtement, montrant ainsi une combustion bien ventilée. Toutes les autres espèces toxiques ont montré un taux de dégagement insignifiant. Cependant, les 3 essais avec l’ACM-PE sur le revêtement externe (la qualité la moins bonne) ont développé une combustion brève et très intense. Pour ces essais, l’ACM-PE a brûlé rapidement et l’intégrité des lames d’air n’était pas assurée, ce qui signifie que ces lames d’air n’ont aucun effet. La combustion de l’ACM-PE est tellement rapide que la contribution des isolants reste négligeable. Ainsi, des résultats très similaires ont pu être observés quel que soit l’isolant. Les produits de combustion sont en majorité issus d’une bonne combustion du revêtement, avec beaucoup d’hydrocarbures imbrûlés en plus du CO et du CO2.

Ces essais ont confirmé la part très importante de l’ACM-PE dans la propagation rapide de la flamme et dans l’intensité de l’incendie de la catastrophe de la Grenfell Tower, ainsi que l’importance d’évaluer les façades convenablement comme un système à part entière au moyen d’essais de taille appropriée. Ils ont également confirmé les essais du gouvernement britannique  BS 8414-1 réalisés au BRE, présentant toutefois des quantités additionnelles de gaz et une analyse de dégagement de chaleur.

Contact: Eric Guillaume – eric.guillaume@efectis.com


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