On assiste depuis plusieurs années à une extension en intensité et en ampleur géographique (non limité au Sud de la France) des incendies d’espaces naturels en France métropolitaine – Gironde (2022, 2026), Pyrénées-Orientales (2022-2024), Aude (2025), ainsi que les épisodes récurrents dans le Var et les Bouches-du-Rhône (Marseille 2025,…). Ces feux concernent désormais de nombreuses habitations, qu’elles soient isolées ou situées en interface urbain, et ont conduit à la destruction de quartiers entiers. Le contexte Européen et international (USA, Australie notamment) est similaire.
Dans ce contexte, la gestion des feux d’interface urbain s’avère particulièrement complexe pour les services de secours : elle génère un détournement des moyens de lutte initialement dédiés aux espaces naturels vers les zones urbanisées, se heurtant à des difficultés d’accès accrues, notamment en raison des flux d’évacuation, et complique l’articulation des opérations.
Un cadre réglementaire existe néanmoins pour prévenir ce type d’effets des sinistres, à travers les documents d’urbanisme : la note du 29 juillet 2015, les porter-à-connaissance départementaux (notamment dans les Bouches-du-Rhône, le Gard et l’Hérault), ainsi que les plans de prévention des risques d’incendie de forêt (PPRIF) communaux. Ces dispositifs viennent compléter, par des prescriptions constructives, les mesures de défendabilité (accès, hydrants) et les obligations légales de débroussaillement, prévues par le Code forestier et les arrêtés préfectoraux de débroussaillement.
Dans ces documents, l’objectif de confinement des personnes est traduit en prescriptions de matériaux et systèmes constructifs ayant une certaine performance au feu, indépendamment du niveau d’exposition (contexte topographique et aérologique du site, type de végétation, niveau de débroussaillement). Conscient que la mise en place de tels moyens de protection peut être onéreuse et conduire, notamment dans l’habitation individuelle, à ne pas les respecter, l’administration Française intégre désormais dans les documents récents (PPRIF après 2019 notamment) une ouverture réglementaire visant à ce que soit démontré non pas un niveau prescrit de performances au feu, mais un équivalent de performance, remplissant les mêmes objectifs avec des moyens de protection qui dépendent du contexte d’exposition sur le site.
Efectis apporte sa compétence dans ce contexte précis :
- soit par la réalisation d’essais pour répondre aux exigences prescriptives formulées dans les PPRIF en termes de réaction au feu (classement M, Euroclasses), façades/toitures (Broof T3) et résistance ;
- soit, lorsqu’est possible, par l’analyse de l’exposition des bâtiments en fonction du contexte du site. Ceci peut également consister à (1) réaliser un essai de façade (LEPIR2) pour tester des systèmes spécifiques (lames d’air, ITE…), et/ou (2) réaliser des avis de chantier lorsque le cadre réglementaire le permet.
Efectis emploie une méthodologie qu’elle a décrit dans un guide récent [https://efectis.com/app/uploads/2026/01/EFECTIS-0601-VF.pdf], qui a fait ses preuves dans le cadre de nombreuses études, aussi bien sur des projets de construction que sur des bâtiments existants (villas touristiques isolés en forêt, bâtiments en zone d’interface urbain). Elle s’appuie sur :
- les cartes d’intensité d’aléa si existantes sur le secteur (PPRIF), qui fournissent les conditions de référence du feu de massif forestier voisin. Si cette information n’est pas disponible pour le département ou la commune, EFECTIS la reconstitue avec son partenariat académique (Université d’Aix-Marseille (AMU) et INRAE d’Aix-en-Provence) ou ses partenaires BE d’écologie forestière, pour produire des scénarios d’attaque de feu dans le massif, qui sont soumis à approbation des services (SDIS, DDTM, ONF). Les effets thermiques du front de flamme et des brandons sont pris en compte ;
- l’exposition thermique suivant le niveau de débroussaillement demandé (projet de construction) ou existant (bâtiment existant) ;
- la recension de tous les foyers secondaires d’incendie jouxtant les bâtiments, qui rapprochent considérablement le feu du bâtiment (végétation ornemental, abris de jardins, parkings,…), et qui sont allumés par l’incendie principal ;
- La modélisation « bâtiment individuel » de l’attaque du feu de massif sur l’enveloppe ou seulement sur une partie de l’ouvrage, grâce à ses outils numériques ;
- La modélisation et son expertise de la matrice aléa x vulnérabilité des éléments de structure de l’ouvrage, au front thermique et aux brandons ;
- La mise en place de solutions de protection qui peuvent être apportées pour limiter le risque à des niveaux équivalents acceptables de résistance/réaction au feu ;
- La modélisation le cas échéant de la toxicité critique aux fumées de l’incendie dans le bâtiment ;
- Plusieurs itérations avec le client pour évaluer, en cas d’exposition critique, quels foyers secondaires peuvent être éloignés, ou quel débroussaillement supplémentaire peut être envisagé, afin d’avoir un effet significatif et ramener l’exposition à un niveau acceptable.

Une matrice « source-cible » (source : guide Efectis)

(*) PAC : pompe à chaleur

un exemple de niveau d’exposition lié au massif forestier
Nos services sont essentiellement :
- Des diagnostics d’évaluation de la vulnérabilité d’un projet de construction ou d’un bâtiment existant ;
- Une analyse de risque (définition des scénarios) ;
- Le dimensionnement de protections (nature, épaisseur, localisation, étanchéité aux fumées): aménagement paysager, solutions actives et passives.
Ils s’adressent en priorité aux :
- aménageurs publics et privés ;
- maîtres d’ouvrage inclus dans les périmètres réglementaires (particuliers, industriels, ERP, etc.) ;
- maîtres d’oeuvre, architectes et bureaux d’études ;
- fabricants de produits de protection et d’éléments de second oeuvre (portes, vitrages, cloisons, volets, bardages, ITE, etc.).
