Le développement des centrales solaires – photovoltaïques au sol, agrivoltaïques ou flottantes – conduit à implanter ces installations au sein ou à proximité d’espaces naturels susceptibles d’être exposés au risque de feu de forêt et de végétation.
Dans ce contexte, le risque incendie doit être considéré dans les deux sens :
- l’aléa subi, correspondant à la propagation d’un feu de forêt ou de végétation depuis l’environnement extérieur vers la centrale ;
- l’aléa induit, correspondant à un départ de feu au sein de l’installation susceptible de se propager vers les espaces naturels environnants.
La prévention de ces risques repose notamment sur les Obligations Légales de Débroussaillement (OLD), définies par le Code forestier et précisées localement par les arrêtés préfectoraux, ainsi que sur les doctrines et prescriptions de prévention des SDIS spécifiques pour les installations photovoltaïques exposées au risque de feu de forêt. Leur mise en œuvre peut toutefois s’avérer complexe ou difficilement compatible avec certaines contraintes techniques, environnementales, de biodiversité ou d’exploitation propres à chaque projet.
Dans ce contexte, Efectis réalise des études performantielles du risque incendie afin de caractériser les interactions entre un feu de végétation et l’installation. Ces études permettent d’évaluer les niveaux d’exposition, d’analyser les possibilités de propagation du feu de l’environnement vers le site et du site vers son environnement, et de dimensionner des mesures de protection adaptées aux risques identifiés.
Cette approche permet notamment d’étudier et de justifier des solutions de protection adaptées lorsque les prescriptions usuelles, en particulier en matière de débroussaillement ou de distances de séparation, ne peuvent être mises en œuvre telles quelles. Elle peut être déployée dès la phase de conception du projet ou dans le cadre de l’instruction des autorisations d’urbanisme.
Une approche fondée sur l’autoprotection du site
Efectis définit l’autoprotection comme l’ensemble des mesures permettant de réduire les conséquences des aléas incendie subi et induit, sans dépendre d’une intervention rapide des services de secours. L’objectif est de limiter, par des dispositions propres au projet, la propagation d’un feu de forêt vers les installations et, inversement, celle d’un incendie prenant naissance sur le site vers la végétation environnante.
Pour évaluer et dimensionner cette autoprotection, Efectis s’appuie sur une méthodologie « source-cible », adaptée aux caractéristiques de chaque site et structurée autour de quatre étapes :
- Identifier les sources potentielles d’incendie, qu’elles soient externes au site (forêt, formations végétales, cultures…) ou internes (panneaux photovoltaïques, équipements électriques, végétation présente au sein de la centrale…) ;
- Identifier les cibles susceptibles d’être impactées, aussi bien au sein de la centrale que dans son environnement naturel ;
- Définir et évaluer les scénarios source-cible, afin de quantifier les effets d’un incendie sur les différentes cibles. Efectis mobilise pour cela plusieurs approches complémentaires :
- des simulations numériques, permettant notamment d’évaluer les sollicitations thermiques générées par un feu de végétation et reçues par les équipements ;
- des essais réalisés dans les laboratoires Efectis, par exemple pour caractériser le comportement au feu ou le potentiel calorifique de composants et de panneaux photovoltaïques ;
- analyse à dire d’expert, s’appuyant sur le retour d’expérience, les bases de données Efectis et les connaissances disponibles sur les caractéristiques d’inflammabilité et de combustibilité des différentes espèces végétales ;
- Définir et dimensionner les mesures d’autoprotection nécessaires pour maîtriser les effets identifiés : distances de séparation entre les installations et les espaces boisés, gestion ou adaptation de la végétation, choix et implantation des équipements ou autres dispositions de protection adaptées au projet, notamment celles concernant la protection de certaines installations contre l’effet des brandons.

Essais Efectis sur un anneau solaire en position incliné

un schéma comprenant des mesures compensatoires OLD et bande en sol nu entre la lisière forestière et le site
Cette démarche permet de compléter l’approche prescriptive par une évaluation du risque fondée sur les conditions réelles d’exposition du projet : nature et caractéristiques de la végétation, topographie, conditions météorologiques, implantation des équipements et caractéristiques propres à l’installation.
L’objectif est ainsi de définir des mesures d’autoprotection proportionnées au niveau réel de risque, permettant à la fois de protéger la centrale contre un feu provenant de son environnement et de limiter le risque de propagation d’un incendie de la centrale vers les espaces naturels environnants.
Nos services
Nos services portent principalement sur :
- L’évaluation du risque de feu de forêt, pour les aléas subi et induit ;
- L’analyse des scénarios incendie selon une approche source-cible ;
- La simulation numérique et les essais expérimentaux pour quantifier les effets thermiques ;
- Le dimensionnement des mesures d’autoprotection : distances de séparation, gestion de la végétation et solutions de protection ;
- La justification de solutions adaptées, notamment lorsque les prescriptions usuelles de débroussaillement ne peuvent être appliquées telles quelles.
Nos études s’adressent principalement aux :
- Développeurs et exploitants de centrales solaires ;
- Maîtres d’ouvrage ;
- Bureaux d’études et maîtres d’œuvre.
