20/8/2026
Dans le cadre du programme scientifique et technique SEIFBois (SÉcurité Incendie Feu Bois), des essais au feu sur des maquettes à grande échelle représentant des structures en bois partiellement protégées ont été menés par le laboratoire Efectis au cours du premier semestre 2026 afin d’aborder la question des « structures en bois exposées ».
La révision de la réglementation française en matière de sécurité incendie limite la surface de bois de charpente exposée au feu, afin d’éviter que le bois ne contribue de manière significative au développement de l’incendie. Ce seuil est bas en raison d’un manque de connaissances scientifiques. Les risques associés à cette surface de bois non protégée concernent à la fois la survenue d’une combustion auto-extinguible de la structure en bois après l’extinction du feu primaire, l’augmentation des contraintes thermiques, ainsi que les défaillances de la stabilité de la structure.
Dans le cadre de ce projet, entre mars et juillet 2026, Efectis a mené des essais de propagation du feu sur des maquettes à taille réelle représentant le volume d’une structure en bois massif. L’objectif était d’obtenir des données expérimentales suffisamment complètes pour, d’une part, améliorer et valider les outils de calcul et d’analyse actuellement utilisés pour l’évaluation des risques et, d’autre part, vérifier les conditions nécessaires pour garantir que les éléments structurels en bois ne subissent pas de combustion spontanée.
Ainsi, trois maquettes — chacune d’une superficie au sol d’environ 8 m sur 7 m et d’une hauteur de 3,5 m — ont été construites dans l’un de nos laboratoires ; ces modèles reproduisent des configurations réelles d’enveloppe de bâtiment que l’on retrouve dans un bâtiment à usage public (salle de classe), un bâtiment de travail (bureau en open space) et un bâtiment résidentiel (logement), notamment en ce qui concerne leurs structures en bois et leurs surfaces d’ouverture.
La structure de toutes les maquettes repose sur un système de poteaux et poutres en bois lamellé-collé. La première maquette présente un plafond en CLT protégé par des plaques de plâtre offrant une résistance au feu d’une heure, mais soutenu par des solives en bois apparentes ; la deuxième comporte un plafond en CLT entièrement apparent ; et la dernière maquette comprend un mur extérieur en CLT apparent ainsi qu’une demi-cloison. Les surfaces en bois apparentes représentent respectivement 54 %, 95 % et 67 % de la surface verticale des murs, soit bien au-delà de la limite de 25 % imposée par la réglementation (sans aucune justification). Toutes les maquettes intègrent un système à ossature bois pour les façades comportant des ouvertures.
Des essais au feu sur des empilements de bois calibrés, avec des charges calorifiques moyennes représentatives de chaque activité (respectivement 350, 530 et 740 MJ/m²), ont été réalisés. Trois empilements ont été initialement enflammés lors de chaque essai.
Les essais réalisés sur les deux premières maquettes ont démontré le caractère auto-extinguible du bois de charpente, malgré une surface de bois exposée très importante. Dans le cas de la dernière maquette, des défauts de conception au niveau du mur ont entraîné la persistance de la combustion. Ces essais ont également permis d’évaluer les méthodes de protection des assemblages et d’analyser le flux thermique vers les zones adjacentes. Une analyse approfondie va désormais être menée, et un rapport complet sera rédigé par le consortium SEIFBois d’ici la fin de l’année.
Le programme SEIFBois bénéficie du soutien financier de l’État français dans le cadre du dispositif « France 2030 » géré par l’ADEME, et est financé par l’organisme national France Bois Forêt, en collaboration avec le CODIFAB. Le projet est piloté par l’Institut technologique FCBA, en partenariat avec les laboratoires de sécurité incendie Efectis et CSTB, ainsi qu’avec Elioth (filiale d’Egis) et l’association IBC.
Pour plus d’informations, veuillez contacter Gildas Auguin